La Quinta Los Ombúes

Située à San Isidro, c’est  avec plaisir et intrigue qu’on pousse le portail de cette maison afin d’y découvrir le passé de ses anciens propriétaires.

Entrée Quinta de Los Ombúes

Connaissant leurs secrets de famille, leur vie quotidienne: on se laisse emporter par notre imagination. La propriété de los Ombúes eut plus d’un acquéreur. Parmi eux: Don Cecilio Sànchez de Velazco et sa femme Magdalena Trillo. Ils deviennent  propriétaires des lieux en 1784.

Quinta Los Ombúes© Clémence de Sagazan

Ce couple va donner naissance à Mariquita qui sera fille unique. Treize ans après, devenue adolescente: elle tombe amoureuse de son cousin issu germain Martin Thompson mais son père souhaite la marier au Capitaine Diego del Arco, un homme bien plus âgé qu’elle.  Mais Mariquita s’oppose et continue à voir furtivement son cher et tendre cousin. Le père se rend compte de la situation et décide d’officialiser l’union entre sa fille et le capitaine. Il organise un grand buffet dans la propriété et invite  tout le gratin de Buenos Aires.Quinta Ombúes Furieuse, Mariquita choisit d’écouter son cœur et refuse cette demande en mariage. Outré par la rébellion de sa fille, il l’envoit au couvent et via ses connaissances : Martin Thompson est appelé en tant que militaire à rejoindre la ville de Cadiz, en Espagne. Les deux jeunes éperdument amoureux sont alors séparés de force. 

A la mort de Cecilio Sànchez de Velazco, Martin met tout en oeuvre pour se rendre à la quinta los Ombués afin de voir sa dulcinée.  Mais ils devront attendre que la mère de Mariquita décède à son tour pour enfin se marier en 1812. Cette histoire d’amour a une triste fin puisque quelques années plus tard, Martin meurt. Elle se remariera avec un français expatrié Washington de Mendeville.

Aujourd’hui, on peut applaudir le courage de toutes ces femmes qui ont su se battre pour faire exister leur amour telles que Camilla O’Gorman.

La Quinta Los Ombúes, Adrián Beccar Varela 774, Acassuso, San Isidro
Visite guidée conseillée

Toutes les photos sont disponibles en grand format dans la Galerie Photos. 

Clémence de Sagazan, 

Quilmes: bien plus qu’une bière!

Dans tous les bars de Buenos Aires, vous trouverez la célèbre bière Quilmes made in Argentine! biere

Cette bière locale tant appréciée existe depuis 1890 et porte le nom de la ville où elle fut produite pour la première fois. Quant à la municipalité de Quilmes, qui se situe au sud-est de Buenos Aires, elle fut baptisée ainsi en mémoire à une ancienne civilisation indigène.

Histoire des Quilmes

quilmesAu XIème siècle une tribu indienne nommée « les Quilmes » s’installe dans la province de Tucumán, dans les vallées de Calchaquies au nord ouest de l’Argentine. Ils vénèrent le dieu soleil et la Pachamama. Leur terre étant fertile, ils cultivent le maïs, le quinoa, la pomme de terre et élèvent des lamas. Ils sont alors connus pour bien se défendre et résister à l’envahisseur. Leur cité construite en terrasse leur permet de surveiller l’arrivée de l’ennemi.ruines de quilmes

Après avoir résisté aux Incas, ils luttent, pendant plus de cent ans contre l’invasion des Espagnols.  Mais au XVIIè siècle, le gouverneur de Tucumán et ses hommes envahissent  la vallée et capturent les Quilmes. Expulsés de leur territoire, ils doivent parcourir, de force, plus de 1200 kilomètres, beaucoup d’entre eux meurent sur le chemin. Au total 260 familles sont déportées dans la Reducción de la Santa Cruz qui porte aujourd’hui le nom de Quilmes. Arrivés sur place, ils refuseront d’ être un « peuple esclave » et cesseront de procréer. Ils s’éteindront au cours du XVIIIème siècle. En 1811, lorsque le gouvernement ferme la Reducción : plus aucun Quilmes ne figure sur les registres. Ils avaient disparu depuis longtemps….

Aujourd’hui, les Ruines de Quilmes témoignent de l’existence de ce peuple si courageux (photos ci dessus). Plus on monte, plus la cité ressemble à un labyrinthe, une vue à couper le souffle…

Clémence de Sagazan

El Museo Pueyrredón

Cette maison de campagne, au style colonial, est située dans la banlieue de San Isidro.  Elle doit son nom à ses anciens propriétaires: les « Pueyrredón », une puissante famille argentine.

Museo  Pueyrredón

Cette propriété fait revivre une partie de l’histoire des Pueyrredón. Qui sont-ils? Juan Martín de Pueyrredón, fils d’un commerçant français, est un personnage important de l’Histoire.

En 1806, les Anglais débarquent à Buenos Aires,  Juan Martín décide, avec ses frères, de combattre l’armée britannique aux cotés de Jacques de Liniers et ensemble ils réussissent à renverser l’ennemi. Il est ensuite  envoyé en Espagne afin de demander des renforts et informer de ce qui se passe en Amérique Latine mais le Roi ne montre guère grand intérêt. Il retourne alors à Buenos Aires avec une envie d’ indépendance. Désormais, le royaume espagnol le considère comme une menace.

IMG_4823A son retour, âgé de 39 ans, il épouse María Calixta qui vient de célébrer son treizième anniversaire. Juan Martín de Pueyrredón devient alors propriétaire de la maison par le biais de sa femme, héritière des lieux. Cette « casa de campo » est leur résidence secondaire.

Une fois l’Indépendance signée, il est nommé Directeur Suprême des Provinces Unies du Rio de La Plata par le Congrès de Tucumán. Pour lui, l’urgence est de consolider le pays et de chasser les Espagnols du continent. Il  appuie fortement la campagne militaire de son ami José de San Martín.

Avec sa  femme María Calixta, ils vont avoir un seul fils, Prilidiano, qui deviendra, par la suite, un grand peintre de renommée mondiale. Une fois retiré de la vie politique, Juan Martín de Pueyrredón se consacre à l’horticulture et à collectionner des plantes dans cette maison de San Isidro. Il crée alors un jardin botanique pour découvrir de nouvelles espèces végétales.

Visite guidée de la propriété

IMG_4830Pour entrer dans la demeure des Pueyrredón comme invité, il fallait emprunter ce jardin. A l’intérieur les salles sont à taille humaine et le sol en céramique. Aux murs sont exposés plusieurs portraits, sur fond neutre, peints par

IMG_4813Prilidiano Pueyrredón. Il convertit le mirador en atelier afin de profiter de cette vue incroyable sur le Rio de la Plata.

El Museo PueyrredónCette autre entrée était réservée au personnel. On remarque que les portes sont plus basses, les fenêtres plus petites et cette fois ci le sol est en brique. A droite, se situaient les écuries.

Dans le parc, sous cet arbre  » l’algarrobo blanco », IMG_4835 Juan Martín de Pueyrredón et José de San Martín conversaient des heures. On s’imagine alors ces discussions passionnées alimentées par cet ardent désir de voir, un jour, une Amérique Latine complètement libre.

Museo Pueyrredón:  Rivera Indarte 48, Acassuso
Visite guidée conseillée

Toutes les photos sont disponibles en grand format dans la Galerie Photos. 

Clémence de Sagazan

La Maldonado, une des plus anciennes légendes portègnes

Diciembre 2007 (222)

Les Argentins adorent les légendes! Celle ci se passe dans l’actuelle banlieue de San Isidro. C’est l’histoire de la Maldonado, une femme espagnole héroïque du XVIème siècle…

En 1536, La Maldonado est arrivée avec Pedro de Mendoza. A cette époque les nouveaux arrivants sont réfugiés dans des campements par peur des éventuelles attaques des amérindiens.

La nourriture se fait alors de plus en plus rare.Tenaillée par la faim, elle décide de s’enfuir du camp. Perdue, tremblante de froid, elle se réfugie dans un des creux du talus, au bord du Rio de la Plata. Elle tombe alors nez à nez avec une lionne en train de mettre bas, elle décide de s’occuper des deux lionceaux. La journée, la lionne part chasser et répartit la nourriture entre la femme et ses petits.

Mais un jour, une tribu indienne, passant par là, la capture de force. Elle vit un temps parmi eux avant qu’à leur tour les Espagnols la retrouvent et la ramènent au camp. Choqués qu’une « femme blanche et catholique » aie vécu avec cette tribu, elle est condamnée à être dévorée par les fauves. Le lendemain elle est retrouvée accrochée au poteaux: vivante. Parmi ces fauves, une lionne la protégeait….

Toutes les photos sont disponibles en grand format dans la Galerie Photos. 

Clémence de Sagazan