Palacio de las Aguas Corrientes

Que l’on apprécie ou pas l’architecture éclectique de ce palace, il marque les esprits par son style unique à Buenos Aires. © masha_ioveva

Ce n’est pas un hasard si ce palace est dédié à l’histoire sanitaire du pays! Pour mieux comprendre, un petit retour dans le passé s’impose .
Nous sommes dans les années 1860, l
es épidémies font des ravages dans la capitale porteña . Après le choléra et la typhoïde, en 1871, arrive  la fièvre jaune. Ne connaissant pas la cause de cette maladie (les moustiques), les nouveaux immigrants italiens sont accusés d’être à l’origine de cette infection. Chaque mois les cas se multiplient, certains malades s’enferment chez eux par peur de se faire piller durant un séjour à l’hôpital. San Telmo et Monserrat sont les quartiers les plus touchés, des croix sont peintes sur les portes des habitants atteints de la fièvre jaune. Terrifiés, un grand nombre de portègnes décident de fuir le sud de la ville. La classe moyenne se dirige vers la « zona de las quintas »,  qui correspond aujourd’hui au quartier nommé « Flores ». Au total, cette épidémie provoque la mort de 14 000 personnes, environ 8% de la population.

L’absence d’eau courante favorise la propagation des maladies. Buenos Aires a bien trop souffert, la ville doit rénover d’urgence son système d’eau. En 1887, commence  ce projet  © Gijlmarpharaonique de construire un grand et somptueux « Palacio de las Aguas Corrientes » afin d’y déposer les douze réservoirs qui pouvaient contenir jusqu’à 72 millions de litres d’eau potable.  De nombreuses pièces de céramique sont importées d’Angleterre et de Belgique. Plus de 300 000 pièces en terre cuite recouvrent la façade, on peut aussi apercevoir  les écussons des 14 provinces d’Argentine. Une fois les travaux achevés en 1894, le palace peut alimenter environ 400 000 porteños en eau potable. Aujourd’hui convertit en musée, il est l’un des emblèmes de l’époque où l’Argentine était l’un des pays les plus puissants du monde.

Palacio de las Aguas Corrientes,  Avenida Cordoba 195

Clémence de Sagazan